Publié dans Carnet de route, Japon

Kyoto

27 avril 10h30. Le Shinkansen nommé Nozomi que nous prenons pour Kyoto part à 11h du quai 17. La gare de Tokyo est immense et bondée de monde. Nous avons juste le temps d’acheter des bento ( ou lunch box) pour manger pendant le trajet. Vu le nombre de boutiques et le nombre de voyageurs qui les fréquentent, nous ne sommes visiblement pas les seuls à pratiquer ainsi.

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Ce train est d’une longueur surprenante, il est plus large que nos TGV et extrêmement confortable surtout pour celles qui ont de longues jambes. Le temps est un peu nuageux mais nous apercevons au passage le Mt Fuji couvert de neige.

 

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Avec ses 17 sites inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, ses nombreux temples et sanctuaires, Kyoto compte parmi les villes du monde au patrimoine culturel les plus riches. C’est la gardienne des traditions ou les japonais eux-mêmes viennent s’immerger dans leur propre culture.

Nous logeons à Kyoto dans le quartier d’Higashiyama, dans la maison de Maro.C’est une petite maison de 2 étages au bout d’une ruelle tranquille, décorée avec beaucoup de goût et typiquement japonaise : tatamis, futons, cloisons coulissantes, chaussons de toute taille, parapluies. Maro vient nous souhaiter la bienvenue, nous expliquer le fonctionnement de la maison et nous conseiller pour des itinéraires.

 

Il nous indique d’ailleurs un temple tout proche, 10 minutes à pied, le Kiyomisu dera qui sera donc notre 1er temple dans cette ville qui en compte 1600 temples bouddhistes et quelques 400 sanctuaires shintoïstes. Rassurez vous, nous n’avons pas l’intention de battre un record de visite de temples en une journée. Ben et Thiphaine peuvent dormir tranquille🤩 et surtout Lila.

L’histoire du Kiyomisu dera remonte au VIIIeme siècle mais les bâtiments actuels datent de 1633 lors de leur reconstruction. Le bâtiment principal, actuellement en travaux, comporte une immense véranda surplombant la vallée. Juste en dessous de cette salle coule la cascade Otawa no taki dont l’eau sacrée est sensé apporter longévité et bonne santé à ceux qui la boivent. Nous allons supporter nos 2 filles pendant encore très longtemps 😉.

 

En redescendant et toujours sur les conseils de notre hôte, nous nous arrêtons au Okonomyaki Kiraku dont la spécialité est précisément l’okinomiyaki, une sorte d’omelette fourrée avec de la viande, du choux ou des pâtes. Okonomiyaki signifie « grillez ce que vous aimez ». On y sert aussi des yakisobas et des yakiudons, le tout est servi sur une plancha intégrée à la table. Simple, original, succulent et arrosé avec du saké local. Attention, pas le saké qu’on nous sert en fin de repas dans les restos asiatiques dans les minis verres avec les pin up qui se dépoilent au fond. Non, un saké doux et très agréable au palais qui se boit comme du vin et pas comme un digestif qui tord les boyaux. A emporter dans les sacs pour une prochaine dégustation à la maison.

 

Le thé vert est un peu partout au Japon. En boisson bien sûr, mais aussi sous forme de glace ou de gâteau. C’est avec cette belle pâtisserie que nous entamons notre 2ème journée dans l’ancienne capitale impériale. Au programme de la journée, le temple du Pavillon d’argent, le chemin de la philosophie, le temple Nanzen Ji et le quartier Gion.

Le Ginkaku-ji ou pavillon d’argent est un temple bouddhiste qui doit son nom à son propriétaire qui voulait recouvrir ses façades avec des feuilles d’argent, pour concurrencer le pavillon d’or. Son voeu n’a pu être réalisé mais le surnom est resté. Tout l’intérêt de la visite réside dans la beauté de son jardin zen à l’esthétique épurée ainsi qu’un jardin de mousses japonais.

 

Le chemin de la philosophie est un sentier champêtre de 2,4 kms longeant un canal. Il relie le Ginkaku-ji à l’Eikan-do de façon très agréable. Il doit son nom au philosophe zen Kitaro Nishita qui aimait méditer sur ce chemin en se rendant à l’université de Kyoto.

En route, pause défoulement pour les enfants et visite du Honen-ji, un temple noyé dans forêt, beaucoup moins touristique.

 

 

Pause déjeuner dans un petit resto de ramen ne contenant que 4 tables… basses. C’est un peu difficile quand on a plus la souplesse de nos 20 ans mais la cuisine y est excellente.

Nous sommes maintenant prêt pour le Nanzen-ji, le 3ème (et dernier ) temple de la journée.
Le temple Nanzen-ji est classé au rang suprême des temples Bouddhistes zen du Japon. Il est considéré comme l’un des plus importants au monde et fait partie des cinq grands temples zen de l’ancienne capitale impériale. Les bâtiments actuels ont progressivement été reconstruits à partir du XVII ème siècle. Nous y entrons en franchissant la colossale porte Sanmon haute de 22 mètres puis déambulons dans ce complexe qui comprend une douzaine de temples secondaires. Le Hojo recèle le magnifique jardin zen du tigre bondissant. Mais il faudra enseigner quelques rudiments de la zenitude à Milo pour ne pas troubler la quiétude du lieu.🤫.

 

En nous dirigeant vers Gion, nous croisons un bien étrange festival. Au pays des sushis, des mochis, des yakitoris et autres finesses de la cuisine japonaise, nous ne attendions pas à trouver ici un festival sur le hamburger US. En tout cas, de jolis food trucks et de belles bécanes. Comme quoi, on peut inonder le marché de motos japonaises et être nostalgique de bons vieux twins.

 

Gion est un quartier historique de Kyoto très proche du centre et à une vingtaine de minutes de notre maison. On y trouve pas mal de vieilles maisons traditionnelles, des ruelles commercantes avec des boutiques de toutes sortes, des resto chics côtoyant des maisons de thé plus modestes, le sanctuaire Yasaka-jinja et le Nishiki Market un immense marche couvert très prisé des locaux et des touristes. C’est aussi un quartier de Geishas et de danseuses de Maiko mais il nous faudra y revenir un soir pour les apercevoir. Pour nous y rendre, nous suivons le canal de Shirakawa, une des plus belles rue de Kyoto.

 

Pour notre 3ème jour, nous prenons le train direction la province de Nara, ses daims et son Bouddha géant. Première capitale permanente dans l’histoire du Japon, Nara est a une heure de trajet au sud de Kyoto. Nous pensons échapper un peu à la foule des grandes villes en partant en province. Mauvais calcul car nous avons oublié la Golden Week. La Golden Week, ce sont 4 jours fériés concentrés sur 7 jours du 29 avril au 7 mai. La majorité des japonais prennent leurs vacances pendant cette période, les écoles et les universités sont fermées, même les entreprises tournent au ralenti. C’est un peu comme chez nous au mois d’août sauf que cela ne dure qu’une semaine. Considérés comme des messagers des dieux pendant l’ère prébouddhique, un millier de daims gambadent en toute liberté et tout quiétude dans le parc et ses alentours, se laissant facilement approcher et même caresser. Bien sûr, c’est plus facile avec de petits gâteaux vendus sur place. Les enfants sont aux anges et voudraient bien qu’on en ramène un. Ça va pas être simple à la douane.

 

Après avoir franchi la grandiose porte du Todai-ji, protégée par 2 gardiens Niō sculptés en bois, à l’aspect très menaçant, nos pas nous entraînent vers l’un des édifices en bois les plus vastes du monde, le Daibutsu-den qui renferme un monumental Bouddha assis de bronze et d’or de 16 mètres de haut. Il trône sereinement au milieu de cette salle entouré de 2 autres statues afin qu’il ne sente pas trop seul.

 

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La journée se termine et nous profitons de la belle lumière de cette fin d’après-midi pour visiter le sanctuaire shintoïste de Fushimi Inari-taisha, dédié aux divinités du riz et du saké (sans dégustation malheureusement). Les bâtiments s’étagent sur les pentes boisées du mont Inari que les filles vont gravir non sans peine. Les deniers rayons de soleil viennent se refléter dans le rouge vermillon des centaines de torii qui jalonnent le sentier et qui renforce la beauté de ce lieu fascinant.

 

Le soir, dîner dans un restaurant de sushis avec commande sur tablette tactile et service sur un tapis roulant. Rendement optimal. Les filles en raffolent et ne comptent plus leurs assiettes.

 

Le lendemain, nouvelle excursion hors de Kyoto mais toujours autant de monde. Il faut dire que la bambouseraie d’Arashiyama et les abords de la rivière Katsura sont prisés par les touristes aussi bien étrangers que japonais. La lumière a du mal à s’infilter dans cette magnifique forêt et rayonne le long des fûts de bambous jusqu’aux cimes. Ce lieu doit être encore plus envoûtant tôt le matin quand le jour se lève à travers les arbres et que les touristes sont toujours au lit. Mais ça, avec 3 enfants, c’est uniquement en rêve !

 

Très bon resto de Udon au bord de la rivière puis dégustation de Yakitoris ( boulettes de poulpe) dans la principale artère commerciale.

 

Pour compléter notre compilation de sites inscrits au Patrimoine Mondial, une halte au Pavillon d’Or s’imposait. Le Kinkaku-ji, son vrai nom, est un temple bouddhiste du XIVeme siecle, plusieurs fois reconstruit à l’identique, la dernière en 1950. Il doit son surnom au fait que sa façade soit entièrement recouverte de feuilles d’or. Son côté « bling bling » déplaît généralement aux japonais qui lui préfère son pendant argenté, le Gingaku-ji. Les chinois eux, à l’inverse l’adorent.

 

Après plusieurs jours de visites et de balades assez soutenues, un petit coup de fatigue générale se fait sentir dans les troupes. Nous décidons de nous la jouer cool aujourd’hui. Rien de programmé, juste marcher à l’improviste, au gré de nos envies, en bifurquant dans une ruelle décorée d’une belle lanterne, en découvrant de nouvelles spécialités culinaires dans de petites échoppes, bref en flânant et en respirant à pleins poumons le bonheur d’être ici. Nos pérégrinations vont ainsi nous entraîner autour du Kiyomizu dera et du Kodai-ji, dans le Yasaka jinja au cœur de Gion, dans le quartier très pittoresque de Ponto Cho. C’est d’ailleurs là que nous allons goûter pour la 1ère fois du bœuf Wagyu pané. Wagyu est de la race de vaches japonaises qui présentent cette particularité d’avoir des muscles contenant beaucoup de persillé. Quand ce bœuf est élevé dans la région de Kobe, on parle alors de bœuf de Kobe. Il existe ainsi une quarantaine «  d’AOP » de vaches Wagyu au Japon. C’est un régal tant la viande est tendre et goûteuse. Désolé pour tous nos lecteurs végétariens mais cela va être très dur de nous convertir au tout légume.  Une fois de plus, nous sommes impressionnés par la vitesse d’exécution des cuisiniers qui travaillent pourtant dans des endroits souvent très exigus.

 

 

Retour au Nishiski Market et son extraordinaire variété de produits frais et d’ingredients entrant dans les recettes de la cuisine japonaise, une cuisine raffinée et aux senteurs subtiles. Nous adorons !

 

Dernier jour à Kyoto. Les nuages sont de retour et la pluie est menaçante. Nous partons pour le Sanjūsangen-dō, un temple bouddhiste assez proche de la maison. Il fut bâti au XIIeme siècle et doit son nom aux 33 travées (sanjūsan) qui s’ouvrent entre les piliers du bâtiment.  Ce temple a la particularité d’abriter 1001 statues de bois recouvertes d’une couche d’or. La grande statue centrale représente Kannon, la déesse de la compassion aux 11 visages et 1000 bras ( en réalité, il n’y a que 40 paires de bras mais comme chacune d’elles est sensée sauver 50 vies dans l’univers bouddhiste, cela fait 1000. CQFD). De part et d’autre, 10 rangées de 50 statues plus petites sont alignées avec au premier rang, les 28 saints serviteurs de Kannon ainsi que les deux gardiens traditionnels des temples bouddhistes. Impressionnant !! La douce lumière des chandelles et le parfum de l’encens, le silence ( si l’on excepte les sauts de Milo sur la moquette) et la ferveur des croyants qui viennent prier ou faire des vœux  renforcent le caractère mystique de ce lieu. Ce n’est pas le temple le plus spectaculaire mais il est incontournable à Kyoto. De plus, comme les photos à l’intérieur du bâtiment sont interdites, c’est la seule possibilité de rencontrer ces 1001 déesses.

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Demain, nous quitterons Kyoto pour Osaka, notre prochaine étape. Nous garderons un très bon souvenir de cette villle  moins démesurée et moins folle  que Tokyo. Toute proportion de taille gardée, elle nous fait penser à Chang Maï que nous adorons.

5 commentaires sur « Kyoto »

  1. Superbes images de Kyoto et de ses environs!!!! Et bravo pour la rédaction du texte..
    Continuez à prendre du bon temps

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  2. Encore un bel article sur vos voyages qui nous font rêver!
    Bisous les copains.
    PS: 3 temples en une journée c’est déjà pas mal!😀

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