Publié dans Nouvelle Zélande

De Rotorua à Auckland 

Jour 25 : Nous avons rendez vous ce matin avec Lady Knox, le geyser du parc géothermique de Wai o tapu sur la route de Rotorua. Vous pouvez lire le reportage des filles, Wonderful land.

Sous les vapeurs des fumerolles soufrées, nous marchons au milieu de crevasses bouillonnantes et de lacs aux couleurs surnaturelles dont les noms sont très évocateurs de la puissance des phénomènes géothermiques sous nos pieds : bain du diable, cratère de l’enfer, poêle à frire,…

Comme nous prenons goût aux bains chauds, nous faisons un détour par Kerosene Creek. Cela ressemble à une jolie rivière dans les bois avec de petites cascades sauf que l’eau fait environ 40°.



Jour 26 : Dernier petit dej avec concours de pancakes avec les 2 roues puisque nos routes se séparent à partir de Rotorua. 20170303_092400

Une fois de plus, c’est Ben qui gagne mais ceux de Fanny ne font pas de reste pour autant. Cela fait maintenant une semaine que l’on ne se quitte pratiquement plus et nous constatons avec plaisir que cette semaine complètement improvisée  a passé extrêmement vite.

Les enfants sont un peu tristes de se quitter et nous serons ravis de les revoir à Dijon, à Collobrières,….ou à Auckland puisque Benjamin vient de prendre aussi des places pour le match des Blues le 11 mars. Ce sera une grande première pour eux qui n’ont jamais vu un match de rugby. Il y a pire comme lieu de baptême que l’Eden Park. Donc, nous filons vers Bay of Islands.  Sur la route, nous faisons notre désormais traditionnelle pose sandwich ou wrap (entre midi et 15h), au bord d’un lac réputé pour la pêche.
C’est là que nous rencontrons l’étonnante Brenda, un petit bout de femme qui promène son chien et qui a visiblement envie de parler. Elle est plus au fait que nous de la vie politique française et s’inquiète de la montée dans les sondages de Marine Le Pen. Elle connaît aussi le petit jeune qui fait beaucoup parler de lui en ce moment, Emmanuel Macron. Elle en profite pour nous parler des problèmes d’immigration en Nouvelle Zélande et des difficultés d’intégration de certaines communautés. Elle est bien sûr ravie que nous aimions son pays et compare l’île du sud à la Californie et celle du nord à la côte est des États Unis. Elle a un accent à couper au couteau en roulant les r comme une toulousaine et ses yeux pétillent quand elle parle. Une bien belle personne et une bien belle rencontre. Elle a pris le nom du blog et j’espère qu’elle pourra lire cet article. Very happy to meet you, Brenda. Enjoy your Life. Kisses.

La traversée d’Auckland ralentit quelque peu notre progression et nous nous arrêtons sur une aire de free camping près d’une plage et d’un inévitable playground à la tombée du jour.

Nous sommes à Snells Beach, à une centaine de kilomètres au nord d’Auckland. Nous sommes dans un quartier résidentiel plutôt chic, les villas sont superbes avec des baies vitrées de folie et chacune possède son bateau. En France, on imagine mal un tel camping dans ce genre de quartier. Comme toutes les villes de Nouvelle Zélande, aussi petite soit elle, Snells Beach dispose d’une bibliothèque municipale (avec free wifi), d’un terrain de golf et d’un club de bowling.


Jours 27 et 28 : Bay of Islands.

Nous traversons la ville très bobo de Matakana et son célèbre farm market qui attire toujours beaucoup de monde. Des étals de fruits et légumes bio de producteurs locaux, de la restauration sympathique, de l’artisanat, de tables et des chaises au bord d’une rivière, le tout sur fond de country music et de rythm’blues joués par un petit groupe, local lui aussi.20170311_122726



Bay of Islands porte superbement bien son nom avec ses 144 îles au milieu d’une immense baie où se jettent d’innombrables bras de terre aux contours escarpés. Nous essayons de suivre au plus près la côte très découpée et chaque virage nous dévoile un bout de plage ou un magnifique panorama. Ce road trip nous conduit lentement sur la plage de Oakura où Baloo pourra se poser dans un camping familial occupé essentiellement par des locaux. On sent que la vie au grand air fait partie intégrante de leur mode de vie. Ils ont des gros 4×4 tractant de superbes caravanes ou leurs bateaux pour pêche, ou parfois les deux. Il y a des enfants qui courent partout et une bonne odeur de saucisses grillant sur les barbecues. Cette région est très symbolique de la jeune histoire néo-zélandaise puisque c’est à Waitangi que fut signé en 1840 un fameux traité qui mit fin aux affrontements entre les tribus maoris et les blancs. D’abord appelée Kororareka, Russel était un point de départ pour les navigateurs, les chasseurs de baleines et les navires de commerce. C’est donc la première ville portuaire fondée en Nouvelle Zélande par les Européens, elle fut ensuite la capitale du pays avant d’être remplacée par Auckland, puis par Wellington. C’est maintenant une jolie cité balnéaire organisée autour de son port et de son jetty où accostent les voiliers de croisière et les bateaux de pêche au gros.

Notre camping est situé sur les hauteurs de la ville et notre cuisine domine toute la baie.20170305_134927

Une courte marche nous amène sur la plage de Long Beach où nous inscrivons dans le sable les traces de notre passage. Nous laisserons aux vagues le soin d’effacer cette signature éphémère.

The Strand est une longue promenade au bord de l’eau propice à la détente et la dolce vita : Chardonnay ou balançoire, à chacun ses goûts.

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Jour 29 et 30 : Far Northland.

Comme son nom l’indique , nous attaquons la partie la plus au nord de l’île du Nord, en direction de Cape Reinga si le temps le permet. Au sens propre comme au sens figuré  car il nous reste finalement peu de jours avant de rallier Auckland le 10 mars et de gros nuages noirs obscurcissent notre horizon. Laurie nous a même envoyé un avis de tempête pour la région nord d’Auckland et le Coromandel dans les jours qui arrivent. Nous quittons donc Russel par le ferry qui réunit Okiato à Opua. À partir de Paihia et de Kerikeri, nous essayons de suivre la côte en empruntant souvent de petites routes jusqu’à Tauranga Bay et Taupo Bay. Les plages sont tout aussi belles et les routes aussi sinueuses qu’autour de Bay of Islands mais plus nous nous éloignons d’Auckland, plus la région redevient sauvage.20170306_172751

Le jour décroît lorsque nous arrivons sur la grande plage de Tokarau. L’heure tardive et les nuages nous incitent plus à une bonne soupe chaude plutôt qu’à une baignade. D’ailleurs, seuls quelques tracteurs remorquent des bateaux de pêche.

Nous décidons de renoncer au cape Reinga, les prévisions météo n’étant pas très encourageantes. De plus, sans véhicule 4×4, nous ne sommes pas autorisés à rouler sur la Ninety Miles Beach et il faudrait donc faire un aller-retour sur la même route. Tant pis pour les superbes point de vue et pour le sandboard. Une raison de plus pour revenir ici dans quelques années… Nous filons vers Ahipara où nous avons rendez vous avec Sandy pour deux heures de horse trekking au départ de la Ninety Miles beach. Jade est enfin récompensée de sa persévérance. Malheureusement, à peine en selle, la pluie qui nous menaçait depuis le matin s’invite à la balade. Nous insistons malgré tout pour galoper sur la plage, une grande première pour Thaïs dont un excès de confiance un peu précoce lui vaut une chute sans gravité. 20170307_140612

Malgré la pluie qui s’accentue , nous sommes partants pour poursuivre la randonnée mais la sirène retentit par 2 fois, invitant tout le monde à s’éloigner des côtes. Et ici, on ne plaisante pas avec les signaux d’alerte. C’est donc tout crotté et aussi un peu gelé que nous prenons la direction du sud en espérant quelques éclaircies. Histoire de raccourcir notre itinéraire, nous prenons l’ Hokianga Ferry entre Kohukohu et Rawene, ce qui nous fait gagner environ 50 km et perdre 44 NZD pour 10 minutes de traversée ( très bonne rentabilité!). Nous arrivons enfin dans la Waipoua Forest qui recèle la plus grande concentration de Kauri géants de Nouvelle Zélande. Les ancêtres du kauri sont apparus pour la première fois dans l’ère jurassique il y a 150 millions d’années. Les forêts primaires de kauri feuillus sont parmi les plus anciennes du Monde. Le plus grand kauri existant est le Tane Mahuta (Seigneur de la forêt en maori), il mesure plus de 51 mètres pour une circonférence de 4,5 mètres. Les sous bois qui l’entourent sont si denses qu’ils nous abritent de la pluie qui n’a cesser de tomber.

L’âge de TeMatua Ngahere , un autre géant de la forêt est estimé à 2000 ans. Ça ne nous rajeunit pas mais c’est bigrement impressionnant de voir des êtres vivants aussi vieux et toujours aussi vert. A noter, le très intéressant Kauri museum de Matahoke qui retrace toute l’histoire de l’exploitation de ces arbres pour leur bois mais aussi pour leur gomme ( ambre de Nouvelle Zélande).

Jours 31, 32, 33 et 34 : retour sur Auckland

La météo ne s’arrangeant pas, nous décidons de nous rapprocher d’Auckland afin de ne pas être bloqué sur la côte ouest en cas de fortes intempéries, ce qui est arrivé malheureusement aux 2 roues dans le Coromandel. Le temps varie entre crachin, grosses averses et rares éclaircies sous l’effet de fortes rafales de vent chassant les nuages. Cela ne nous empêche pas ne nous égarer volontairement sur des chemins ou des routes de traverse. C’est ainsi que nous parvenons à Tinopai, un improbable petit port de pêche, perdu au milieu de nulle part à l’image de son ponton en bois. Les quelques commerces sont fermés et les habitants doivent se demander à l’abri derrière leurs fenêtres qui sont ces enfants qui font de la balançoire sous la pluie.

 

Les jours vont se suivre et se ressembler jusqu’à Auckland. Pluie, vent et grisaille seront désormais notre quotidien. Notre radar à rayons de soleil semble être épuisé. Comme le dit si joliment Tiphaine, la Nouvelle Zélande pleure sûrement notre prochain départ.

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