Publié dans Nouvelle Zélande

Kia ora New Zealand !

Après 2h de van, 2h de ferry, 4h de vol jusqu’à Singapour pour une escale de 20h puis 14h de vol via Brisbane et nous posons le pied à Christchurch le 6 février à 14h20. Un peu (même beaucoup) dans le pâté mais si heureux de retrouver ce pays que nous aimons tant. Le stop à Singapour n’a pas été inutile car nous avons pu un peu  avancer le blog, faire une grande lessive, réserver le ferry pour Wellington et surtout trouver des places pour le match entre les Blues d’Auckand (entraînés par un certain Tana Umaga) et les Highlanders de Dunedin le 11 mars dans le stade mythique de L’ÉDEN PARK.

Après une nuit de récupération à Christchurch, Barry de la société Pacific Horizon vient nous livrer ce qui sera notre quotidien pendant les 5 prochaines semaines,  notre motorhome. Il fait 7,10m de long, il est prévu pour 6 couchages et nous le baptisons Baloo. Peut être parce qu’il est un peu plus grand que Gus, notre précédent camping car de 2011, sûrement parce qu’il en faut peu pour être heureux. Oh oui très peu pour être heureux ! Alors que les filles et Milo dorment encore (il est 10h, c’est inimaginable !), Barry nous fait faire rapidement le tour du véhicule, nous explique nos différentes obligations pour avoir une vie meilleure  à bord (faire le plein d’eau, vidanger les eaux usées et entretenir les toilettes chimiques) et nous rappelle que la conduite est à gauche. Chacun a son petit casier pour ranger ses affaires, les filles dormiront dans la capucine et Milo avec nous à l’arrière de Baloo. Tout le monde est à son poste ? Alors, contact et en route pour le 1er supermarché venu. Très rapidement, je constate que nous bénéficions de 2 GPS, le Navman fourni avec le camping car et Fanny qui anticipe toutes les annonces, histoire de se rassurer un peu.

Jour 1 :

Nous quittons Christchurch et nous retrouvons avec beaucoup de plaisir les routes néo zelandaises, les moutons, les vaches et les chevaux qui vont sûrement nous accompagner pendant ces 5 semaines. Milo est confortablement installé dans son siège auto, contre une vitre et il ne perd rien du spectacle. Notre première étape est Géraldine, une charmante petite ville à une centaine de kms au sud-ouest de Christchurch. Nous sommes accueillis au Holiday park par un géant, ancien 3eme ligne de Perpignan, qui nous indique notre emplacement dans ce camping en plein centre ville. Les filles ne tardent pas à trouver ce qui les avaient peut être le plus marqué en 2011, les immenses parcs de jeux publics. Milo est déjà un adepte des toboggans, balançoires et autres tourniquets. Il fait plutôt frais et il commence même à pleuvoir. La fin de l’été se fait sentir. Mais ce n’est pas très grave car un solide plat de pâtes au beurre nous attend. Certes, ce n’est pas très gastro comme cuisine mais nous sommes ravis de ce premier repas « à la maison « . D’autant plus qu’il accompagné d’un petit Sauvignon blanc de la région de Malborough et des délicieux fromages que nous avons acheté à Géraldine (la ville, pas la fromagère).

Jour 2 :

Bien emmitouflés sous nos couettes, nous avons passé une bonne nuit à peine dérangé par le bruit de la pluie sur le toit de Baloo et par Milo qui n’a pas encore digéré le décalage horaire depuis Singapour. Direction plein sud, nous quittons la région du Canterburry pour entrer dans l’Otago. Notre destination est le petit port de pêche de Moeraki pour au moins deux bonnes raisons : les Moeraki Boulders et Fleur’s place.

 Le restaurant de Fleur est une bénédiction pour tous les amoureux de la gastronomie.  Magnifiquement placé au bout du port de Moeraki, envahi par des mouettes gourmandes (elles aussi), à 2 pas d’une colonie d’otaries, nous l’avions découvert presque par hasard il y a 6 ans et nous avons modifié notre itinéraire pour y revenir (un détour de 200 kms quand même ).

Des produits frais, locaux, pas de chichi,  du bon vin et un décor fantastique, ça vaut quandmême nos 200 kms ! Seules les mains du pêcheur ont touché le poisson avant celles du cuistot. Sa spécialité est le muttonbird, un oiseau marin au goût fumé mais nous avons préféré rester classique : assiette de coquillages, trilogie de poissons locaux, filets de poisson pour les enfants, le tout arrosé d’un excellent pinot gris et nos papilles s’enflamment.


Pour digérer nous nous dirigeons vers les Moeraki Boulders qui  sont d’étonnantes formations géologiques sphériques,  telles de grosses boules de pétanque abandonnées sur une plage par un quelconque geant. Leurs origines remonteraient à plus de 60 millions d’années et seraient dus à des dépôts de calcites autour de noyaux de boue fossilisés. Au delà de l’explication scientifique rationnelle, il existe plusieurs légendes maoris et autres théories plus amusantes autour des Moeraki boulders (naufrages pétrifiés, œufs d’extraterrestres ou de dinosaures…). L’érosion dans le sable les a fait remonter du passé au fil du temps. Il y en a une cinquantaine, toutes parfaitement sphériques, de taille variable, certaines ressemblant à des carapaces de tortue, d’autres à des ballons de football. Au gré des marées, elles apparaissent et disparaissent, et sont un terrain de jeu idéal pour les enfants et les photographes.

Après cette petite promenade post-prandiale, nous roulons encore quelques kilomètres à la recherche de notre 1er site de freedom camping. En dehors des 3 chaînes de camping, le DOC (Department of Conversation, équivalent du ministère de l’environnement), autorise le stationnement des camping-car dans des zones très sauvages sous réserve que les utilisateurs respectent la nature et repartent avec leurs déchets. Souvent, le nombre de place est limité, les équipements sont réduits voir inexistants mais les prix sont eux aussi réduits quand ce n’est pas entièrement free. C’est ainsi que nous nous retrouvons avec 2 autres motorhomes au bord d’une petite route coincée entre une plage déserte où viennent mourir quelques vagues lasses et un petit lac où se prélassent des dizaines de canards et d’oiseaux marins. La vie s’écoule paisiblement par ici : nous sommes à All Day Bay près de Kakanui, ce qui fait beaucoup rire les filles.

Jour 3 :

Le matin, quelques cavaliers descendent des chevaux de leur van et vont galoper sur la plage. Jade est jalouse et demande si nous ferons un jour une randonnée à cheval. Le Pony’s ranch lui manque. Petit déjeuner dans notre salon de jardin auquel la table dont Barry nous avait pourtant vanté les mérites fait défaut. Mais il nous en faut plus pour nous couper l’appétit, surtout devant la beauté du décor. On ne traîne pas trop car nous avons pas mal de route jusqu’à Queenstown. Pour ne pas aller au plus court, nous choisissons de suivre la Waitaki river qui alimente plusieurs barrages jusqu’à Omarama. Bien entendu, la Nouvelle Zélande ne possède pas de centrale nucléaire et l’essentiel de sa production en électricité provient d’énergie renouvelable. Ce ne sont pas les lacs et les rivières qui manquent ! Au passage, nous prenons un autostoppeur australien qui a quitté Sidney il y a 2 ans pour bosser chez ses voisins kiwis et qui n’a plus envie de repartir. Nous aurons sûrement le même sentiment dans un mois… Pose sandwich dans un playground d’Omarama avant de reprendre la route. Nous quittons les forêts de pins qui bordent le lac Waitaki et les couleurs changent au fur et à mesure que nous grimpons dans la Lindiss Pass. Les tussoks jaunes pales remplacent les pins vert éclatant, la montagne se fait aride et désertique. En quelques kilomètres, nous avons l’impression de changer de pays. Nouveau changement à l’approche de Queenstown lorsque nous longeons l’un des 3 bras du lac Wakatipu aux eaux bleu pétrole. Nous passerons 2 jours dans cette ville auto proclamée capitale mondiale du sport.

Jours 4 et 5 :

Le camperground est à 5 minutes à pied du centre-ville. Baloo va pouvoir un peu se reposer. Depuis notre visite il y a 6 ans, Queenstown s’est considérablement développée autour de ses activités phares, les sports extrêmes : saut à l’élastique (made in Queenstown), mega-tyrolienne, chute libre, parapente, canyoning, speedboat en rivière,… Sans oublier les multiples sentiers de randonnée à pied ou en VTT dans toute la région. Il y a un monde fou en ville, les tours opérateurs spécialisés concurrencent les boutiques de sport de montagne et les loueurs de VTT. Nous n’avons jamais vu autant de randonneurs de tout poil, chaussures de montagne aux pieds et sac sur le dos ;  de vttistes en tenue de descente, casqués et carapaçonnés ; de joggers en cuissard moulant. Bref, trop de sportif pour nous qui nous le sommes pas, ou si peu. Nous avions gardé un très bon souvenir de çette ville et surtout d’un très bon fish and chip devant l’embarcadère. Disparu ! Du coup, on se rabat sur Le resto qui servirait les meilleurs burgers de NZ et peut-être du monde (selon CNN) mais il y a au moins deux heures de d’attente. Tant pis, ce sera pour demain !

La vue de tous ces sportifs m’a donné des fourmis dans les jambes. Je profite que tout Baloo soit endormi pour un joli Trail sur la Queenstown Hill qui grimpe à travers une forêt de pins si dense que les rayons du soleil ont du mal à pénétrer. Pas étonnant qu’il y ait autant de champignons. Malheureusement, ce sont des amanites phalloïdes. Au sommet, le panorama sur le lac Wakatipu encore embrumé vaut tous les efforts de la montée.

Après l’effort, le réconfort ! Comme promis, nous faisons la queue chez Fernburger et après quelques minutes, nous touchons au but. Meilleur burger de Queenstown sûrement, de Nlle Zélande possible, du monde faut pas exagérer ! Ceux de « la fourchette qui roule » ou de Blend soutiennent largement la comparaison.

C’est maintenant le grand moment de la journée ! Au milieu de toutes ces attractions à fortes dose d’adrénaline, il en est une que nous pouvons faire en famille : la luge. Même Milo fera équipage avec Fanny. En plus d’une vue grandiose sur la ville, 2 pistes de luge nous réservent quelques sensations fortes. Dans nos projets, nous rêvions de survoler le Doubful Sound en hydravion mais les tarifs sont exorbitants au départ de Queenstown et nous n’avions prévu de descendre jusqu’à Te Anau. Il reste le Milford Sound accessible depuis Wanaka. Cela tombe bien, c’est notre prochaine étape.

Jour 6 : avant de filer vers le lac de Wanaka, nous descendons la rive droite du lac Wakatipu vers Glenorchy en empruntant la Tommy Thompson road, l’une des 10 plus belles routes de Nouvelle Zélande. Tantôt au bord du lac, tantôt le surplombant, traversant des forêts de pins, c’est une succession de splendides panoramas jusqu’à Glenorchy d’où partent la plupart des expéditions sur la Dart river.

Pour changer de route par rapport à notre arrivée sur Queenstown, nous passons par la Crown Range road, une tortueuse route de montagne (même pas peur avec Baloo) qui traverse la ville de Cardrona, célèbre pour sa clôture de soutien-gorge ou the bra fence. Cette exposition curieuse a débuté au jour de l’an 2000 puis fut interdite en 2006 car jugée dangereuse pour les conducteurs de la région. Cette année la, on en retira 1500. Mais, il faut croire qu’en dépit du danger, ce sympathique sous-vêtements fasse régulièrement sa réapparition. Fanny n’a pas voulu accrocher le sien…et j’ai oublié le mien à la maison.

Wanaka est située au sud de deux lacs glaciaires, le lac Wanaka et le lac Hawea, entourés de massifs montagneux dont le Mt Aspiring. Elle doit son nom à un ancien chef Maori Anaka ( Oanaka, la maison d’Anaka).

Une fois installés dans un beau camping à proximité du lac, pause obligatoire au parc de jeu où Milo fait preuve de son caractère intrépide dans un toboggan en forme de dinosaure et au volant d’un tracteur.

Nous finissons la journée dans un spa après une balade en plein vent sur les berges du lac.


Jour 7 : Nous avions prévu un survol de Milford Sound et des glaciers du Mt Aspiring National Park mais comme hier, la météo n’est pas favorable. Décidément, nous n’avons pas trop d’inspiration avec l’exploration aérienne de la région des Fjordlands. Nous levons donc le camp pour nous perdre dans le labyrinthe géant de Puzzling Word à la sortie de Wanaka.  Nous avons mis un peu de temps pour trouver la sortie pour nous plonger dans le monde de l’illusion et des casse-têtes chinois.

Nous passons la nuit dans un petit camping du DOC au bord du lac Wanaka, le Boundary creek reserve. L’endroit est très sauvage mais très venteux et les nuages noirs au dessus des montagnes n’annoncent rien de bon pour la nuit. Pasta pour tout le monde et dodo sous les couettes, bercés par le vent qui secoue gentiment Baloo.


Jour 8 : pas question de prendre le petit déjeuner avec un vent pareil. Nous partons à la recherche d’un coin plus abrité. Nous avions repéré une petite plage encaissée au bord du lac Hawea, ce qui nous permet d’inaugurer notre table récupérée à Queenstown.
Nous restons dans la région des lacs puisque nous prenons la direction de Twizel, du lac Pukaki et du Mt Cook/Aoraki. Le village de Twizel est indissociable de la construction de nombreux barrages et installations hydroélectriques qui ont façonné la région. Créé en 1968 pour abriter les ouvriers des chantiers , il résiste à sa démolition à la fin des grands travaux pour trouver sa vocation dans le tourisme. Et c’est une chance car apercevoir le Mt Cook enneigé dans le prolongement du lac Pukaki est doit être un spectacle à couper le souffle. Hélas, de souffle, il n’y a que celui du vent, encore plus fort que celui d’hier. Nous sommes installés en free camping au bord de ce lac aux eaux turquoises contrastant avec la noirceur des nuages. 

On se dit que ce vent va chasser les nuages pendant la nuit et que nous nous réveillerons avec le plus haut sommet de Nouvelle Zélande. En attendant, c’est lui qui nous chasse, nous repoussant vers une position moins exposée.

Jour 9 :  le vent a soufflé toute la nuit mais les 4 tonnes de Baloo n’ont pas bougé. Le spectacle est toujours aussi saisissant et le bas du fameux mont se dévoile peu à peu mais nous ne verrons jamais le sommet noyé dans la brume et les nuages.

Nous avons un court trajet pour rejoindre les berges du Lake Tekapo, un autre grand lac glaciaire. Le vent est complètement tombé laissant la place à un beau soleil. La surface du lac est lisse comme une mer d’huile et sa couleur est hallucinante. Le lac Tekapo, comme son voisin Pukaki, doivent leur étonnante couleur turquoise à « la farine de pierres », des particules minérales provenant de l’érosion de la montagne par les glaciers, si fines qu’elles restent en suspension dans l’eau. Après deux jours de camping sauvage, nous nous installons dans un Holliday park avec vue sur le lac. Juste à côté se trouvent le départ de randonnées et des Tekapo Springs and Spa, des piscines d’eau de source chauffée. Nous partons vite en reconnaissance et les filles s’entraînent à celle qui fera le plus de ricochets sur l’eau.

Bien que nous sommes un peu déconnectés au niveau du calendrier, pas question de laisser passer Valentine’s day.

Jour 10 :  nous rencontrons autour du playground une famille française avec leur petit….de 7 ans. Ils ont tous plaqués il y a quelques semaines pour un grand tour en Nouvelle Zélande. Ils reviennent très enchantés de Kaikoura où ils sont restés 4 jours. Kaikoura et sa péninsule, Kaikoura et ses baleines, Kaikoura et ses langoustes, Kaikoura c’était déjà une région que nous voulions voir en 2011 et que nous voulions mettre à notre programme cette année. Nous avons longuement hésité à cause du tremblement de terre du mois de novembre dernier qui avait entraîné beaucoup de dégâts au niveau des infrastructures routières, notamment la SH1 qui reste encore fermée au nord de Kaikoura en direction de Picton. Et finalement, nous l’avons zappé. Mais le récit de leur séjour, leur rencontre avec les dauphins et les baleines, leur balade au milieu des otaries, la beauté (encore plus) sauvage de la côte vont nous faire gamberger un bon moment. Nous avons 2 jours d’avance sur notre planning prévisionnel et un gros détour se dessine. En attendant, il est 11h et nous sommes au départ de l’ascension du Mount John qui domine le lac avec un très beau panorama sur les Alpes.


Après près de 4h de marche, nous passons 2h de détente dans les différentes piscines des Tekapo Springs. C’est un ensemble de  5 piscines  découvertes,  en terrasse dont la température de l’eau varie entre 29 et 39°C. Un pur régal mais ça va être dur de prendre le volant pour 3 ou 4h de route puisque ça y est, le fléau de la balance a penché vers Kaikoura (au détriment d’Arthur Pass). 

Sur la route, au détour d’un virage, nous traversons Burkes Pass tout droit sorti de la Road 66.

Avant d’arriver de nuit au camping d’Amberley beach, nous voyons un long nuage de fumées au niveau de Christchurch. Nous apprendrons plus tard qu’il s’agissait d’un terrible incendie dans le bush qui entoure la ville, détruisant plusieurs milliers d’hectares et une vingtaine de maisons.

2 commentaires sur « Kia ora New Zealand ! »

  1. Un vrai plaisir que de découvrir ces paysages Néo-Zed ….Somptueux et grandioses !! Merci Mother Nature. Bisous à vous tous

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