Publié dans Sri Lanka

De la mer à la montagne.

Après ces 2 jours de repos et de détente à Huma Terra, nous avons rechargé nos batteries et récupéré du décalage horaire. Notre prochaine étape sera Tangalle sur la côte sud de l’île. C’est un court trajet de moins de 2h30 et nous choisissons un mini van, histoire d’économiser 1500 roupies. Mauvais plan ! Notre nouveau chauffeur se nomme Anura et son van est vraiment mini. Nous retrouvons l’ambiance d’une boîte de sardines, l’huile d’olive en moins.

Cela ne fait pas dix minutes que nous sommes partis quand Anura stoppe devant un temple pour faire une offrande à Bouddha. C’est une coutume qu’ont tous les chauffeurs, en tout cas les bouddhistes, afin de protéger tous les occupants de leur véhicule pendant la durée du voyage. Au delà de cette protection divine, nous sommes plutôt rassurés par l’état des routes et la conduite sécurisant des chauffeurs.  Certes, il y a beaucoup de tuktuk qui ont tendance à zigzaguer de partout mais rien à voir avec l’Inde où les chauffeurs préféraient les bas côtés plus carossables que les routes.

Notre chauffeur étant bavard, le trajet passe assez vite. Il nous montre notamment le Kitul, une variété de palmier dont la sève des fleurs est un sucrant végétal et naturel, moins calorique que le sucre classique et meilleur pour la santé ( riche en vit B1, B12, C, fer, calcium). Alors, pourquoi s’en priver ! Jean-Loup nous en avait servi avec des pancakes, cela ressemble un peu au sirop d’érable. Les Sri lankais l’appellent aussi « le miel sans abeille ».

Nous rejoignons la côte à Matara et c’est une succession de plages paradisiaques mais attention à la baignade, parfois très dangereuse à cause de forts courants et de grosses vagues.

Après 2h30 de route, nous arrivons à Isana beach house qui se situe à une dizaine de kilomètres de Tangalle avec un accès direct sur une plage magnifique et quasiment déserte. Malheureusement, Aruna crève dès que nous franchissons les portes de la villa, à croire qu’il manquait quelques roupies à sa donation au Bouddha. Nous y resterons 2 nuits. Nous nous installons dans la suite familiale avec 2 chambres séparées par une sorte de salon. Contrairement aux autres chambres qui bénéficient d’une terrasse avec hamac, nous avons droit à un joli hublot dans un mur, sans vitre et tout à fait à la portée d’une imprudence de Milo, qui donne 5 mètres plus bas dans la salle de réception. Malgré une décoration intérieure très zen, à la japonaise, nous avons une impression d’inachevé… d’un manque d’âme.

A 14h, les cuisines étant fermées, nous passons directement à la case plage et baignade, vous savez ces plages dangereuses… Non, celle ci semble assez tranquille, plus que Fanny en tout cas, qui s’inquiète de voir disparaître nos 2 naïades dans les rouleaux de l’océan Indien.

Pas la peine de chercher non plus la présence d’un MNS  type « Alerte à Malibu « . Donc, prudence et surveillance permanente ! Pendant que les filles découvrent avec papa les joies du body board, Fanny et Milo repèrent un petit resto de plage type paillotte corse avant plasticage où nous pourrons tester la cuisine locale. D’ailleurs Milo se laisse apprivoiser par le serveur !

On profite du superbe coucher de soleil !

Pour le dîner, nous faisons confiance à la cuisinière d’Isana qui nous prépare un assortiment de riz, carottes râpées, dahl de lentilles et ce que nous croyons être des épinards. C’est épicé mais not too much.

Le lendemain, nous allons à Tangalle dans un gros tuktuk, un Piaggo, marcher le long de nouvelles plages. A Medaketiya, nous assistons à l’arrivée d’un bateau de pêche traditionnel et Milo ne peut s’empêcher de donner un petit coup de main. Beaucoup de petite friture et peu de grosses pièces.

Contrairement à l’agriculture, la pêche n’est pas une ressource essentielle du pays et se pratique encore de manière artisanale. Retour à Isana en début d’après midi pour la sieste traditionnelle de Milo (nous essayons autant que possible de caler nos journées sur son rythme) et début des cours de notre école buissonnière. Les élèves ne sont pas encore très motivées mais les salles de classe sont sympathiques.

 Le soir, comme prévu, nous dînons (enfin, dîner est un peu exagéré car il n’est que 19h et qu’il fait nuit noire depuis une heure déjà), bref nous dînons dans la gargote dégotée par Fanny.  Au menu : sauté de crevettes, buriyani (plat traditionnel musulman à base de riz épicé) et noix de coco en apéro. Ambiance très sympa.

Le lendemain, nous quittons la côte pour la fraîcheur des montagnes du centre. Nouveau trajet et nouveau chauffeur, celui-ci se nomme Upali , il est de Tangalle et son van est super grand. Tant mieux car nous avons 3 à 4 heures de route dont une bonne portion de route de montagne. Thaïs a déjà prévu son petit sac vomito. Après la traditionnelle halte protectrice au premier temple venu, nous traçons direction Ella. En chemin, Upali nous fait goûter le black oil cake, une spécialité très locale à base d’huile de coco, de sucre, de farine et de quelques épices. Cela a un peu la consistance du pain d’épices en plus visqueux et en plus sucré. Pas très diététique et un peu bourratif mais pas mauvais. Les filles ne sont pas fan. Pas fan non plus du routier où nous nous arrêtons un peu plus tard pour déjeuner et « déguster » une cuisine locale très « qui pique » : un rice curry pour sri lankais. Ils appellent cela « deviled rice curry »!! Toute la finesse du goût se résume au premier mot. On ne finit pas nos assiettes ( assez rare pour le signaler) et on boit un litre d’eau, ce que ne fait qu’attiser le feu dans notre bouche.

Grâce aux informations routières que nous avait transmise Patricia, la propriétaire du Morning Mist cottage, notre prochaine étape, Upali nous dépose après quelques kilomètres d’une route de montagne très sinueuse et qui nous laisse entrevoir de superbes panoramas. Entourée de montagnes recouvertes de plantations de thé et d’une végétation dense, notre guesthouse semble être un havre de paix loin de l’agitation de la touristique Ella. Nous rencontrons Patricia, un petit bout de femme au parcours peu commun. Italienne de naissance, elle a habité Paris et Londres où elle s’est mariée avec un Sri lankais. Elle vit maintenant ici depuis 4 ans pour le plus grand bonheur de ses hôtes et les senteurs qui s’échappent de sa cuisine nous mettent l’eau à la bouche, encore un peu incandescente.

Notre cottage est une petite villa avec 2 chambres et une belle terrasse offrant une vue fantastique sur la vallée. Il est situé à l’entrée de la propriété, à 200 mètres de la demeure principale.

Afin de mériter notre repas du soir, Pat nous invite à une petite randonnée de 2h pour gravir l’Eagle Rock. Ne cherchez pas dans les guides, vous ne trouverez que l’Adam’s Peak ou l’Ella Rock mais c’est tout près et le point de vue est magnifique.

La table de Patricia vaut le détour et même si nous mangeons à nouveau un rice curry, il n’a rien à voir avec celui de midi. Tout n’est que douceur et subtilité dans le dosage des épices.  Pour rester dans le local, elle nous propose en dessert du Curd, un genre de fromage blanc à base de lait de buffle ( water Buffalo) arrosé par le fameux kitul. Nous partageons ce bon moment avec deux chinoises de Hong Kong, ce qui nous permet d’évoquer notre séjour dans leur ville étonnante il y a 6 ans.

Après la visite de la plantation de thé ( voir article dans Paroles de mômes), nous partons en excursion vers la rivière qui coule une centaine de mètres en dessous du domaine.

Ce que nous aimons le plus dans les guesthouses, c’est qu’elles nous permettre de faire de belles rencontres avec les autres voyageurs. Comme ce soir où nous faisons la connaissance d’un couple de Londoniens, Jeff et Ingrid. Notre anglais n’est pas toujours très académique mais il est suffisant pour partager nos expériences, pour s’enrichir de cultures différentes ou tout simplement pour parler de tout et rien. Nous parlons tranquillement des vignobles français (Jeff est un passionné), de rugby et de Sir Jonny quand il me demande ce que pensent les français du Brexit. Déjà que nous ne parlons pas souvent de politique à la maison, voilà que nous nous lançons sur une discussion sur l’Europe et les conséquences de la PAC sur les petits agriculteurs bretons. Et dans la langue de Shakespeare, s’il vous plaît ! Yes, sir !

Nous quittons Patricia, ses montagnes et son brouillard matinal après un petit déjeuner copieux et succulent (tout est fait maison, bien sûr) pour nous rendre en gare d’Heel Oya. Nous prenons le train pour Haputale, nos bagages suivront par la route, ce qui est préférable compte tenu du grand nombre de voyageurs et de l’encombrement de nos sacs…

Arrivée du train en gare d’Heel Oya

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